Le 1er novembre 2020, date anniversaire du déclenchement de la révolution armée pour la libération de l’Algérie de la colonisation française, les Algériens sont appelés à participer au référendum sur le projet de révision de la constitution en répondant par oui ou non à la question suivante :

« Etes-vous d’accord sur le projet de révision de la Constitution qui vous est proposé ? ».

Bien que la question du referendum concerne tout le projet de révision de la constitution, c’est la première fois que le peuple Algérien est appelé à se prononcer, pour ou contre, l’introduction de la langue et identité amazigh dans la constitution algérienne. Il est donc, important, de comprendre le sens et les conséquences de l’amazighisation officielle de notre identité, loin de la propagande stérile et du lynchage médiatique imposés par les pseudo-intellectuels et médias colonisés, adeptes de l’amazighisation forcée de l’Algérie.

L’Algérie, une terre amazighe ?

Dans le préambule de la constitution de la commission Laraba, l’amazighité est associée à notre identité au même titre que l’islam et l’arabité, qui ont toujours été les composants fondamentaux de l’identité de l’Algérie. L’Algérie est ainsi définit, comme “pays Amazigh” dans la version française et de “terre amazigh” dans la version arabe de la constitution de Laraba. 

"les composantes fondamentales de son identité que sont l'Islam, l'Arabité et l'Amazighité…"
"L'Algérie,  terre  d'Islam,  partie  intégrante  du  Grand  Maghreb,  pays  arabe  et  amazigh, méditerranéen et africain..".
إنّ اﳉزائــــر، أرض اﻹسلام، وجــــزء ﻻ يــــتــــجــــزّأ مــــن المغرب  العـربي الكبير، وأرض عـــربـــيّــة وأمازيغية، وبلاد متوسطيّة وإفريقيّة

Etonnamment, et en dépit du caractère inédit de l’introduction récente de l’amazighité dans notre identité, aucune définition n’en est donnée dans ce projet de révision de la constitution. Pourtant cette définition est bien nécessaire, compte tenu du fait, que contrairement au Maroc, en Algérie il n’y a pas d’amazigh, mais des berbérophones Touregs, Chaouis, Mozabite, Kabyles et Chleuh.

Alors qui sont ces Amazighs ? et pourquoi le choix de ce terme Amazigh ?

La définition de ce néologisme est donnée par le Congrès Mondial Amazigh (CMA), qui, rappelons-le, est une organisation internationale créée en France en 1995 et qui, s’est autoproclamée porte-parole international du peuple amazigh. Cette organisation, reconnue par l’ONU et qui siège en France, est très active en Algérie. Lors du Hirak de 2019, des activistes Amazigh ont défilé avec le drapeau du CMA, sur les rues d’Alger. Ce même CMA avait prévu de tenir, cette année, son université d’été à Bejaia, avant son interdiction par les autorités algériennes.

Selon le CMA:

Les Amazighs (ou imazighen) constituent un des peuples les plus anciens de l’humanité. Leur présence en Tamazgha (nord de l’Afrique y compris Sahara) remonte à plus de 10.000 ans. C’est le peuple premier ou peuple autochtone de cette région.

Ainsi, le CMA définit le peuple Amazigh comme le peuple “premier et autochtone” de Tamazgha. Cette terre mythique qui s’étend sur le nord de l’Afrique et du Sahara et qui n’existe nulle part dans les livres d’Histoire, ni même, dans la mémoire des Algériens. Difficile de ne pas faire le lien avec le préambule de la constitution de Laraba qui affirme que l’Algérie est une terre/pays Amazigh, autrement dit, une partie de Tamazgha.

Mais le CMA ne définit pas seulement le peuple Amazigh, il définit aussi le peuple arabe. Contrairement au peuple amazigh qualifié de premier et autochtone par le CMA, les arabes seraient des envahisseurs au même titre que les français. D’ailleurs, nos ancêtres les phéniciens, fondateurs des principales villes algériennes, que le préambule de la constitution Larabaa a complètement effacés de l’Histoire de notre pays, sont aussi qualifiés par le CMA d’envahisseurs. Mais ça c’est une autre histoire…

Tamazgha a connu plusieurs invasions entre le 10ème siècle avant l’ère chrétienne et le 19ème siècle : Phéniciens, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes, Espagnols, Italiens, Ottomans, Français se sont succédés sur le sol nord-africain. 

S’il est compréhensible que le CMA de Paris recycle, sous un autre nom, mais toujours pour le même objectif, le fameux mythe berbère théorisé par les ethnologues et historiens racistes de la colonisation française dans le but de diviser notre peuple pour mieux coloniser sa terre ; il est toutefois, surprenant que la commission Laraba, ait repris le mythe berbère/amazigh du CMA dans les constantes de l’identité algérienne sans aucun sens critique… sans aucun sens patriotique.

Lorsque la commission Laraba définit l’Algérie comme pays et terre amazigh, elle reconnait indirectement, que l’Algérie est une partie de la mythique Tamazgha du CMA. En stipulant que l’Amazighité est une composante de l’identité de l’Algérie, elle reconnait que l’Algérie est constituée de deux peuples :

  • Un peuple d’arabes envahisseurs.
  • Un peuple d’amazighs autochtones.

La constitution qui intègre dans ses valeurs les thèses et mythes racistes de l’ancien colonisateur est si loin des valeurs de Novembre…et si proche de la trahison.

Tamazight langue officielle de l’Algérie ?

Quant au mythe de la langue tamazight, il faut noter que ce projet de révision de la constitution va plus loin que la constitution précédente. Il reprend, en effet, l’article 4 de la constitution 2016, qui a introduit par effraction, sans référendum, la pseudo langue amazighe comme langue nationale et officielle. Mais dans l’article 223, la constitution de Laraba hisse cette langue artificielle au cénacle des valeurs intouchables en préservant son caractère officiel de toute révision ultérieure.  

Art. 4. — Tamazight est également langue nationale et officielle.
Art. 223. — Toute révision constitutionnelle ne peut porter atteinte :; 6)- à Tamazight comme langue nationale et officielle ;

Rappelons encore une fois, que le mythe de la langue tamazight a été imposé de force dans la constitution de 2016 sans aucun débat public sur la question. Cette langue artificielle, de l’avis même des spécialistes, marginalise les langues locales. Pire, son officialisation risque, à terme, d’affaiblir jusqu’à leur disparition, les langues locales qui sont, elles, porteuses de la culture et de la mémoire des peuples de la région.  Contrairement, à ces langues, le tamazight est une langue inventée, fabriquée dans un laboratoire étranger sans aucun ancrage ni dans la mémoire, ni dans la culture du pays.

La constitution qui impose aux Algériens le tamazight, une langue artificielle qui n’est parlé dans aucune région du pays, comme langue officielle et la préserve de toute révision, est une constitution qui adopte le projet initié par l’académie berbère de Paris, et réalise son objectif néocolonialiste contre la langue arabe et trahi par la même, les valeurs de l’appel du 1er Novembre.

La constitution du 1er Novembre?

Modifier, dans la constitution, l’identité de l’Algérie telle que définit par l’appel du 1er Novembre en lui associant une composante artificielle qui recycle les mythes de la colonisation française et divise le peuple en catégories raciales pour la proposer, en référendum, au peuple Algérien, un 1er Novembre, est tout simplement une TRAHISON.

Le 1er Novembre 1954, une élite de nationaliste Algériens a lancé un appel au peuple pour se soulever contre la colonisation française, contre ses colons et son armée. L’appel était adressé à un peuple uni sur la base d’une seule identité arabo-musulmane. Cette élite avait conscience que malgré l’amnésie imposée au peuple par la colonisation française, son identité arabo-musulmane constituait le seul socle identitaire authentique et viable capable d’unir le peuple et de lui donner la force nécessaire pour faire face à son destin révolutionnaire.

Le peuple Algérien en 1954, ne s’est pas trompé sur son identité et a répondu à cet appel avec courage et détermination.

Le 1er Novembre 2020, le peuple Algérien est de nouveau, appelé à faire face à son destin révolutionnaire, mais cette fois pour préserver l’unité de son pays et de son socle identitaire, tel que défini dans l’appel du 1er Novembre 1954, des falsifications et mythes racistes imposés par la commission Laraba ; pour ne pas trahir l’esprit de la révolution de Novembre 1954 et les sacrifices de nos martyrs… pour une Algérie décolonisée.

Le 1er Novembre 2020, je voterai

NON

CONTRE la constitution Larabaa

CONTRE l’amazighisation forcée de l’Algérie

CONTRE la trahison de l’appel du 1er Novembre 1954