La Ministre de l’éducation, Mme Benghabrit, qui ne maitrise pas la langue arabe -langue nationale et officielle – parce qu’elle n’a pas de temps pour l’apprendre, déploie, ces dernières années, avec un excès de zèle inégalé, toute son énergie pour promouvoir l’enseignement du tamazight à l’école. Une autre langue que la Ministre ne maitrise pas non plus ; la Ministre étant  surtout et avant tout francophone…

Ce qui est surprenant, c’est qu’il n y a pas de débat public sur cette nouvelle langue enseignée à l’école de Benghabrit ? Sur sa légitimité sur le plan légal, scientifique, et historique ?

Sur le plan légal

La constitution de 2016, qui rappelons-le a été adoptée sans référendum, énonce dans son article 4, les conditions préalables à l’officialisation du Tamazight :

Art. 4.3 : Tamazight est également langue nationale et officielle. L’Etat œuvre à sa promotion et à son développement dans toutes ses variétés linguistiques en usage sur le territoire national. Il est créé une Académie algérienne de la Langue Amazighe, placée auprès du Président de la République. L’Académie qui s’appuie sur les travaux des experts, est chargée de réunir les conditions de la promotion de Tamazight en vue de concrétiser, à terme, son statut de langue officielle. Les modalités d’application de cet article sont fixées par une loi organique.

Ainsi, sur le plan juridique, conformément à la constitution du pays, le tamazight n’est, à ce jour, pas encore considérée comme une langue à part entière, encore moins officielle. Son officialisation ne se fera qu’à terme, autrement dit qu’après que l’académie algérienne de la Langue Amazighe ait réunit les conditions de sa promotion et de son développement. Mais voyez-vous cette académie n’a toujours pas vue le jour.

S’il n’y a pas encore d’académie ni de langue Tamazight officielle selon l’article 4 de notre constitution, quelle est donc cette langue qui est enseignée par l’école de Benghabrit ?

Sur le plan scientifique

Su le plan scientifique, le professeur Dourari, linguiste, kabyle et berbériste, nous explique dans une interview très intéressante que le Tamazight est une langue fabriquée dans un laboratoire, un mauvais laboratoire qui plus est, et loin d’être une langue berbère standard, ce n’est que du kabyle « normalisé ».

« Tamazight c’est beaucoup plus du kabyle normalisé d’une manière artificielle et poussée à l’extrème qu’ une réunification des différentes variétés de cette langue” Il ajoute “Tamazight” est dangereuse pour la survie des variétés dialectales régionales »

Ainsi, le Tamazight enseignée actuellement, à l’école de Benghabrit, est une langue artificielle basée sur du kabyle normalisé aux dépends des autres dialectes chaoui, targui, mzabi en usage sur le territoire national. Ce qui est en contradiction avec l’article 4 de notre constitution, et donc son enseignement par la force, comme langue nationale sur tout le territoire national est tout simplement illégal !

Sur le plan historique

Il existe, indéniablement, en Algérie plusieurs langues et dialectes régionaux arabes et berbères qui sont authentiques et qu’il faut préserver et promouvoir. Toutefois, à part la langue arabe, il n’y a jamais eu dans la région du Maghreb, d’autre langue standard qui ait eu le statut de langue officielle.  Avant la colonisation française, c’est en effet, la langue arabe qui était la langue nationale et officielle, et ce dans toutes les régions, y compris au royaume de coucou qui était le pays des kabyles Zouaoua (voir ici, la lettre adressée par Ben Mohamed ElKadi au roi Charles Quint) ; et durant toute la période musulmane qui dura 14 siècles. Et il faudra remonter bien avant le 7ème siècle pour retrouver le latin comme langue officielle dans la région, et ce durant le règne Romain et Vandale. Enfin durant l’antiquité, c’est la langue punique qui était langue officielle dans le Nord de l’Afrique y compris dans le royaume de Syfax. Cette langue punique qui subsiste jusqu’à nos jours dans le parler et dialectes algériens.

En conclusion, la pseudo langue tamazight qui est enseignée à l’école de Benghabrit n’a aucune légitimité, que ce soit d’un point de vue légal, scientifique ou historique.

Une langue qui n’est pas authentique, ne peut être viable. Il devient urgent de lancer un débat public national sur l’enseignement de la pseudo-langue Tamazight.

A quoi sert d’enseigner à nos enfants une nouvelle langue artificielle, qui n’a jamais existé dans le passé et qui n’est la langue de personne dans le présent ?

Mais aussi …

Comment une langue fabriquée dans un laboratoire au XXIème siècle peut-elle devenir la langue nationale de notre nation dont les racines remontent à des millénaires ? Comment une langue artificielle que personne ne parle, peut-elle devenir la langue officielle de l’Algérie?

Rappelons, qu’une langue nationale et officielle doit permettre la communication entre tous les membres d’une même nation pour devenir un facteur de cohésion.  Si la langue arabe est en effet, le facteur de cohésion qui lie les individus de notre nation entre eux mais aussi à leur Histoire commune écrite depuis 14 siècles en arabe, la nouvelle pseudo-langue artificielle « tamazight » quant à elle, est au contraire, un facteur de division entre les membres de notre nation et consacre la rupture avec notre Histoire.

Mais c’est peut-être cela le but escompté par sa fabrication et par son enseignement…Consacrer la rupture des générations futures avec l’arabe et notre Histoire, pour que ne leur subsiste comme facteur de cohésion que le français…et le passé colonial.

 

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