“If you know the enemy and know yourself, you need not fear the result of a hundred battles. If you know yourself but not the enemy, for every victory gained you will also suffer a defeat. If you know neither the enemy nor yourself…you will succumb in every battle.”  ― Sun Tzu, The Art of War

De nouveaux attentats terroristes ont endeuillé Beyrouth, Paris, Bamako, Tunis… La terreur s’est propagée dans le monde réel … et virtuel. L’Occident dénonce et accuse la multinationale terroriste DAESH (qu’il qualifie à tort de groupe Islamique). L’occident déclare la guerre au terrorisme … mais en même temps l’Occident, ou plus précisément l’OTAN, protège DAESH des frappes Russes. Cette situation incompréhensible soulève bien des questions et ne se suffit plus des explications conformistes des médias “mainstream”…Elle nécessite, plus que jamais, une nouvelle grille de lecture qui questionne le terrorisme sous un autre angle.

C’est justement ce que propose le Prof. Daniel Ganser dans sa conférence intitulée la stratégie masquée des guerres. Le professeur Ganser, est un enseignant chercheur spécialiste en histoire contemporaine des conflits armés, connu pour son ouvrage sur les réseaux Gladio : « Les  armées secrètes de l’OTAN en Europe ».

Dans cette conférence, Ganser explique que les guerres masquées sont une combinaison de mensonge et de violence dans le but de créer des tensions, par le biais d’actes terroristes pour déstabiliser un pays et provoquer un changement de régime.  Les acteurs de ces guerres secrètes sont : les forces spéciales et les services secrets, qui sont deux entités étatiques ainsi que les mercenaires des armées privées (private military company) tel que Black water.

Pour soutenir sa thèse, Prof. Ganser cite différents cas de guerres masquées :

  1. 1953 – Iran : L’opération Ajax en Iran pour provoquer la chute de Mossadek et annuler la nationalisation du pétrole Iranien.
  2. 1962 – Cuba : Opération Northwoods.
  3. 1964 – Vietnam, l’incident du golfe du Tonkin.
  4. 1972 Italie – Opération Gladio : actes terroristes proférés par les services secrets italiens en collaboration avec l’OTAN et la CIA et faussement  attribués aux communistes.
  5. 1985 Nouvelle Zélande – opération satanique contre le Rainbow-warior de GreenPeace.
  6. 1990 – Kuweit : le mensonge des couveuses.
  7. 2001 – USA  : 9/11.
  8. 2013 – Syrie : l’attaque au gaz toxique.
  9. 2014 – Ukraine.

Il explique la méthode suivie par ces guerres secrètes :

 « …Pour renverser le gouvernement d’un pays. Vous devez déstabiliser le pays avec violence. Vous ne pouvez pas le faire avec des discussions et des débats rationnels. Mais vous devez déstabiliser le pays avec violence et en rendre responsable le dirigeant. Alors, il faut que vous disiez, il y a eu un attentat terroriste et votre dirigeant en est le responsable.  Mais en fait c’est vous qui avez effectué l’attentat. Voilà c’est une combinaison de mensonge et de violence. C’est la stratégie de guerre masquée …et ça fonctionne. »

Selon lui, la stratégie de la tension :

« c’est lorsque vous attisez le chaos dans un pays » à l’aide d’opérations False flag (faux drapeau) «…ils (les agents secrets) prennent une autre apparence ; exécutent des actes violents sous cette apparence en discréditant cette apparence qu’ils ont seulement prise pour cette affaire… »

C’est justement ce mode opératoire qu’a utilisé la CIA pour l’opération Ajax en Iran. Par ailleurs, dans cette affaire, la CIA a aussi eu recours à la collaboration  (trahison) d’une partie des militaires Iraniens.

« …dans la guerre masquée, on travaille d’abord…avec des parties de l’armée  locale, l’armée du pays qu’on déstabilise…Vous allez dans le même pays et vous regarder lesquels des officiers sont insatisfaits et seraient alors prêt à renverser le gouvernement…»

Dans le cas de l’opération GLADIO, Ganser explique que cette stratégie vise aussi à provoquer le ralliement de la population terrorisée vers des politiques sécuritaires. « Les attentats devraient conduire les gens, le peuple … à demander une plus grande sécurité à l’état … »

Ganser rappelle que la technique du terrorisme cible, par la terreur, les vivants… pas les morts « …c’est une énorme faute analytique de beaucoup de gens qui pensent : heureusement je n’ai pas été touché. Mais si, c’était vous la cible. C’est vous qu’ils ont atteint »

“…la guerre masquée existe. C’est un fait… La guerre masquée est difficile à élucider et gène énormément le mouvement pour la paix…et je ne peux que vous recommander d’observer de manière critique cette manière de tuer et mentir… pour la recherche c’est très difficile de traiter le sujet parce que très souvent nous n’avons pas du tout le droit de dire que ça existe. Mais j’aimerai vous orientez sur des exemples concrets. Prenez un pays et prenez une date et décliner le de part en part et discutez en avec quelqu’un d’autre et faites-vous votre propre opinion. Ce qui est important c’est que chacun puisse se faire ouvertement sa propre opinion.”

En conclusion, les guerres secrètes sont une combinaison de violence et de menseonge …perpetrés par des mercenaires et des…traitres.

Je ne peux m’empêcher de penser à l’Algérie durant les années  1990…. au témoignage de Paul Atwood …et à ce président qui parlait de :

…المؤامرة… اليد الخفية…المرتزقة و الخونة…

Peut-être un jour, un historien Algérien appliquera cette grille de lecture pour questionner le terrorisme qui a meurtri l’Algérie durant les années 1990…peut-être qu’il dévoilera alors…le complot de la guerre masquée… qui a ciblé notre pays, Aljazair.

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