Apres la dé(re)structuration des Moukhabarates et le limogeage de son Zeus, les intellectuels, universitaires, journalistes, scribouillards Algériens analysent, synthétisent …et doutent. Ils prédisent sur les colonnes des journaux, les blogs et les cafés de presse que le système ne changera pas.

Le système, encore et encore. Mais, qu’est-ce donc ce système ? Ce terme qui porte le fardeau de nos défaites et de nos malheurs …Ce terme devenu concept abstrait puis monstre invincible …que tout le monde veut détruire ou changer …sans prendre la peine de le définir!

Quel est le modèle conceptuel du système « Algérie » ? La question mérite d’être posée !

Dans son roman qu’attendent les singes, Yasmina Khadra use d’une allégorie incisive  pour décrire notre société : face à la plèbe soumise, il y a les « Rbobas » et les « Banikalboun ». Cette allégorie représente en réalité  le modèle du système « Algérie ». Il suffit d’imaginer une pyramide : à la base, la plèbe en état post traumatique …celle qui a été marquée au fer par les années 1990s…victime d’angoisses, psychoses, et phobies diverses ; elle obéit et subit. Au sommet, les « Rbobas » : les tenants du pouvoir…des psychopathes dangereux qui se prennent pour Zeus et Darth Vador; ils ordonnent et tyrannisent…Au milieu, les « BaniKalboun » : l’élite qui a vendu son âme au diable et à Zeus par lâcheté ou par trahison ; ils ramassent les miettes et exécutent.

Voyez-vous, la formule de ce modèle est simple. Pour que de simples mortels se transforment en des « Rbobas » et se permettent de tyranniser leurs semblables, il suffit que d’autres mortels : comunément qualifiés d’élite  (politiciens, businessmen, intellectuels, universitaires, journalistes…) acceptent de devenir des  « BaniKalboun » : serviteurs et esclaves prêts à s’agenouiller devant la tyrannie… pour des privilèges : un passeport diplomatique, une villa au Club des Pins, un marché public, une promotion, un stage à l’étranger, un appartement…une place de parking.

La tyrannie se nourrit de petites et grandes trahisons, de petites et grandes lâchetés, aussi.

Pour que le système « Algérie » change, il faut certes, que les « Rbobas » disparaissent, mais il faut aussi…et surout… que l’élite de ce pays change et refuse de devenir des « Banikalboun »… refuse de trahir son peuple. L’élite Algérienne doit jouer son rôle de leader dans la société pour défendre la justice et les droits, les valeurs et l’honneur et refuser de s’agenouiller devant la tyrannie… pour de bas privilèges ; et ce, quel que soit la forme que prendrait cette tyrannie : en uniforme vert ou bleu …ou en kamis blanc et barbe.

L’équation de la pérennité du système est …simple !

Tant qu’il y aura des « BeniKalboun », il y’aura des « Rbobas » !

و الحديث قياس

بنت الجزائر

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