Le pied-noir a écrit un roman. Il l’a écrit en 1943, alors que des Arabes mourraient pour libérer… la mère de ce pied-noir. Ce détail n’a pas semblé important pour le pied-noir. Il a juste écrit une histoire absurde. Il a parlé d’une mère morte, d’une mauresque battue, d’un Arabe abattu, et d’un pied noir assassin, résigné, puis révolté contre le Dieu des…autres. Le pied-noir a oublié de donner un nom à l’Arabe. Il n’a pas nommé la mauresque, non-plus. Le pied-noir a parlé d’autres choses, bien sûr. Il a parlé d’un chien maltraité, d’une mer rouge et du soleil…meurtrier. Une histoire absurde, en somme. Une histoire coloniale. Une histoire de… pied-noir.

Le colonisé a écrit un roman. Il l’a écrit en 2013, alors que des Arabes mourraient à Gaza. Ce détail n’a pas semblé important pour le colonisé…Il a juste voulu imiter son maitre pied-noir et écrire une histoire absurde. Le colonisé a voulu donner une identité à l’Arabe du roman du pied noir… Il a parlé, de la mère de l’Arabe toujours vivante, et du frère de l’Arabe devenu assassin, ivrogne, puis révolté contre le Dieu…des autres. Le colonisé a ignoré la mauresque…la sœur de l’Arabe. Il a ignoré aussi la colonisation et ses crimes, l’apartheid racial et ses pieds noirs. Le colonisé a parlé d’autres choses, bien sûr. Il a questionné la décolonisation. Il a dénigré la langue des Arabes, la religion des Arabes, et le Dieu des Arabes. Le colonisé a donné un nom à l’Arabe du pied-noir…pour mieux lui ôter toute…son identité. Une histoire absurde, en somme. Une histoire…néocoloniale. Une histoire…de colonisé.

BintJezeyer بنت الجزائر

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